Commerce. Poser un regard objectif pour pouvoir agir.

L’activité commerciale des centres villes est source d’animation et participe à l’attractivité de la cité. Il est indéniable que les commerçants choletais sont convaincus de cela et individuellement ou via leur association, ils oeuvre dans ce sens.

Alors que  la Chambre de Commerce du Maine et Loire indique un taux de vacance commerciale supérieure à 15%, M. le Maire parle lui de 7%.

Au delà des chiffres, il suffit de se promener au cœur de la ville pour se faire sa propre opinion en observant les nombreuses devantures fermées. La Chambre de Commerce indique que de nombreux points de vente ont fermé sur l’agglomération choletaise depuis 2010. Cette étude dont l’objectivité ne peut être remise en cause souligne à la fois un solde de points de vente qui reste encore positif sur ces dix dernières années grâce aux créations qui avaient eu lieu entre 2007 et 2009 et une constante dégradation depuis cette 2010.

On pourra toujours prétendre que le thermomètre est cassé, et que les zones observées ne sont pas les bonnes, que l’enquête est partisane etc… La réalité est là.

En France 20 villes ont un taux de vacance commerciale supérieur à 15%. Cholet en fait partie.

L’incapacité du Maire de Cholet et de sa majorité à bien évaluer la situation du commerce à Cholet les condamne à l’inefficacité. Le rôle d’une municipalité est de créer les meilleures conditions pour que les commerçants puissent exercer leur activité et redonner vie à certaines rues qui se meurent.

Aujourd’hui la majorité avoue son impuissance et nie la réalité. Nous attendons que M. le Maire rende public l’ensemble des données concernant l’enquête qu’il a lui même demandée et qui établit un taux de vacance commerciale inférieure à 7 %. Sur quelle zone géographique précise se concentre cette étude ? Chacun s’accordera pour dire que les commerces se sont recentrés autours des Arcades Rougé et que les rues commerçantes ont bougé au sein du centre-ville ces vingt dernières années. Mais le problème demeure, il suffit d’une promenade dans le coeur de la ville pour constater que de nombreuses devantures restent fermées.

Nous aimons notre ville, nous l’aimons telle qu’elle est, avec ses atouts mais aussi ses faiblesses. Une de ses faiblesses soulignées dans bon nombre d’études est la vacance commerciale supérieure à 15 % . La dernière étude publiée par la Chambre de Commerce du Maine-et-Loire confirme que de nombreux points de vente ont fermé depuis 2010. L’objectivité de cette étude ne peut pas être remise en cause. Cette étude souligne à la fois un solde de points de vente qui reste encore positif sur ces dix dernières années grâce aux créations qui avaient eu lieu entre 2007 et 2010 et une constante dégradation depuis 2010. A moins d’être paranoïaque il est impossible de voir dans cette étude une image biaisée de la réalité. Force est de constater que la concentration du commerce sur les zones périphériques a entraîné une forte diminution du nombre de points de vente et une augmentation des surfaces commerciales.

Cette vacance commerciale est aussi constatée dans les autres agglomérations du Maine-et-Loire, sur l’ensemble du département et en France ou il est passé de 7,2 à 11,3. Mais à Cholet il est supérieur à 15 %!

L’étude qui vient d’être publiée par la Chambre de Commerce du Maine-et-Loire confirme les précédentes études et rapports.

En juillet 2016, un rapport intitulé La revitalisation commerciale des centres-villes publié par l’Inspection Générale des Finances ( IGF) et le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable ( CGEDD) classait déjà Cholet dans les villes qui souffraient d’un taux de vacance commerciale supérieur à 15 % en 2014. Ce rapport soulignait que « certaines villes subissent une forte vacance commerciale suite à une concurrence commerciale avec la périphérie mais bénéficiant d’un tissu socioéconomique plus favorable  et qui subissent également un déclin des équipements et services publics. » Ce rapport citait notamment Saint-Nazaire et Cholet dont la surface commerciale autorisée en Commission Départementale d’Autorisation Commerciale a augmenté de 20 000 m² entre 2010 et 2014 ! Ce rapport s’appuyait sur des données apportées par l’Institut pour la Ville et le Commerce. Il dénombrait seulement 29 villes entre 10 000 et 100 000 habitants avec un taux de vacance commerciale supérieur à 15 % dans toute la France dont malheureusement Cholet fait partie. Ce rapport résumait ainsi la situation de ces villes : ‘’ la vacance commerciale est très élevée, le commerce est en grande difficulté. Ces villes étaient : Cholet, Saint-Quentin, Moulins, Vichy, Annonay,Aubenas, Pamiers, Carcassonne, Vierzon, Saint-Brieuc, Guéret, Montélimar, Dreux,Libourne, Béziers, Dax, Le Puy-en-Velay Saint-Nazaire, Marmande, Villeneuuve sur le Lot, Forbach, Nevers, Douai Roubaix, Calais, Lens, Saint-Omer, Orange, Châtellerault. Toutes les autres villes de France se situant dans cette fourchette de population, avaient des taux de vacance entre 0 et 5 %, 5 et 10 % ou 10 et 15 %. Cholet se situe donc dans le dernier peloton. Personne ne s’en réjouira. ( cf carte ci-dessous)

Dès octobre 2017 certaines villes ayant comme Cholet un taux de vacance supérieur à 15 % (Saint-Nazaire et Châtellerault par exemple ) avaient déjà passé une convention avec la Caisse des Dépôts au sein de la démarche « Centres-villes de demain ». D’autres villes étaient en phase de finalisation. Il semble que Cholet hésite à franchir le pas. En octobre 2017, le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires indiquait que Cholet faisait pourtant partie des onze villes en phase de préparation de leur convention avec la Caisse des Dépôts.

Pour entrer dans la démarche « Centres-villes de demain » il faut au préalable cesser de nier la réalité et les difficultés que rencontre la ville de Cholet concernant la vacance commerciale. Il faut aussi être bien conscient que cette convention ne règlera pas tous les problèmes mais qu’elle est une chance de trouver des solutions sur le plan local. Il ne peut s’agir en aucun cas d’un chèque en blanc !

Le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires précise que « cette démarche s’adresse aux villes centres de 20 000 à 100 000 habitants qui présentent des indices de fragilité manifeste en leur cœur de ville et d’agglomération. L’objectif est d’accompagner de manière très opérationnelle la mise en œuvre du projet de redynamisation du centre-ville. Des conventions d’une durée de 18 mois à 2 ans sont signées entre le groupe et les représentants de ces villes. »

Cette éventuelle convention assurerait pendant deux ans la mobilisation des offres du groupe Caisse des dépôts : prêts, co-investissement ainsi que ingénierie et expertises, échanges d’expériences. La Caisse des dépôts veut s’assurer qu’ une approche globale en matière de fonciers/immobilier, déplacements/ mobilité/connexions, habitat/logement, activités et commerce existe avanr de mobiliser des moyens financiers nouveaux.

Il est urgent que la Ville de Cholet rende public sa réflexion autour de l’urbanisme commercial et résidentiel ainsi que son plan d’action pour la mettre en œuvre, documents demandés par la Caisse des Dépôts.

Nier ou minimiser un problème n’a jamais permis de le résoudre. Le Maire de Cholet et sa majorité reprochent aux commerçants une situation qu’eux mêmes ont créé en menant un développement qui a renforcé les déséquilibres entre les zones commerciales périphérique, les quartiers et le centre-ville de Cholet.

Anne Hardy, Patrick Lemaître, Franck Loiseau pour Choletais 2020

Vous trouverez de plus amples informations dans les documents suivants.

Observatoire du commerce 2017 , CCI du Maine-et Loire

La revitalisation commerciale des centre-villes. IGF et CGED 2016

Villes moyennes en France. Vulnérabilités, potentiels et configurations territoriales  CGET 2017

La vacance commerciale Toujours plus de locaux commerciaux vides en centre-ville observatoire, Procos , 2016

La vacance commerciale dans les centre-villes en France. Mesure, facteurs et premières mesures. Institut pour la ville et le commerce. 2017

Avenir des centre-villes et de leurs activités commerciales. CMCV 2017

Guide du commerce en centre-ville. Association des Maires de France

Mission prospective sur la revitalisation des villes petites et moyennes. Documentation française 2018

Regards croisés sur les villes moyennes, Documentation française ( Payant 7.20 euros ) 2018

 

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