Pour un menu végétarien dans les cantines scolaires

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Le titre et une large part des propositions de cet article n’émanent pas de moi, mais du député centriste (UDI) Yves Jégo, maire de Montereau-Fault-Yonne en Seine et Marne et  ancien Secrétaire d’État chargé de l’Outre-Mer du gouvernement Fillon. Mais peu importent les étiquettes politiques quand une parole politique émerge pour prôner le vivre-ensemble.

 

En 2015, Yves Jégo lançait sur internet une pétition qui a recueilli plus de 158 000 signatures (1).

 

 

 

Yves Jégo s’interrogeait : « Peut-on obliger un enfant catholique à manger de la viande un vendredi saint parce que rien d’autre ne lui est proposé, ou un enfant juif ou musulman à consommer du porc ? Dans les cantines de la République, faut-il prendre en compte les prescriptions religieuses et si oui dans quelles limites ? Doit-on obliger les enfants à jeûner, à défaut de vouloir transgresser les règles familiales ? »

 

Yves Jégot reconnaissait : le « grand désarroi des élus face à un débat de société de plus en plus virulent »  et écrivait :  «Ce débat est loin d’être simple je le reconnais, j’y suis confronté en tant que maire. Le juste équilibre est souvent bien difficile à trouver tant les approches et les arrières pensées des uns et des autres viennent détourner la question. Ce sujet devient de fait l’otage de tous les extrémismes et la source d’un affrontement bien inutile visant en réalité dans la plupart des cas la communauté musulmane. La République n’a, me semble-t-il, rien à gagner à laisser prospérer cette polémique qui remet en cause notre capacité à faire du « vivre ensemble » une réalité concrète. »

 

Yves Jégo fit donc la proposition suivante : « Il existe pourtant sur ce sujet une solution relativement simple et totalement laïque qui permettrait de soulager les élus qui gèrent nos cantines et de répondre à toutes les attentes légitimes des familles. Je déposerai donc une proposition de loi pour rendre obligatoire dans toutes les cantines un menu végétarien en alternative du menu quotidien afin de permettre à ceux qui ne veulent pas de viande ou de poisson, quelle qu’en soit la raison, de se nourrir de façon équilibrée.

 

Il existe en effet de très nombreuses possibilités culinaires pour que la dose de protéines nécessaire à chaque repas soit contenue dans des menus végétariens respectueux de la santé, du goût et des pratiques familiales.

A travers la mise en œuvre de cette obligation d’une alternative végétarienne dans nos cantines, il s’agit de sortir le débat du champ de l’affrontement religieux en donnant à chaque enfant un libre arbitre et en favorisant de surcroît un mode alimentaire de plus en plus recommandé pour ses vertus sanitaires et déjà pratiqué par plus de 1,5 millions de personnes.

Parce que la laïcité n’est pas l’unicité et n’oblige en rien à imposer un menu unique aux enfants, il est temps de clore ces guerres larvées.

Au nom de leurs dogmes ne laissons pas aux extrémistes de tous bords la possibilité de prendre en otage l’assiette de nos enfants et faisons au contraire rimer laïcité avec liberté. »

 

Comment ne pas être d’accord avec cette proposition basée sur le bon sens ?

Le 26 décembre 2015, fort de cette pétition,  Yves Jégo demandait au Premier Ministre Manuel Valls d’intervenir en faveur du menu végétarien dans les cantines scolaires.  Il écrivait: « Ce succès populaire inattendu prouve s’il en était besoin l’actualité de cette question et m’amène à vous solliciter pour que le gouvernement prenne en compte ce sujet qui répond à plusieurs préoccupations. C’est pourquoi je sollicite votre intervention personnelle pour que le gouvernement qui s’est montré jusqu’à présent plutôt opposé à cette idée, puisse avancer ».

Il rappelait que sa pétition visait à soutenir la proposition de loi qu’il avait déposée avec plusieurs parlementaires issus de tous les bancs pour offrir aux enfants des cantines scolaires une alternative végétarienne. Parmi les cosignataires de la proposition de loi figurent les députés écologistes Cécile Duflot, Laurence Abeille, Noël Mamère et Isabelle Attard , ainsi que d’autres députés  de familles politiques diverses (2) .  La sénatrice UDI Chantal Jouanno a déposé le même texte au Sénat. Aujourd’hui cette proposition de loi n’a toujours pas été adoptée alors qu’Yves Jégo souhaitait son application pour début 2018. il est donc urgent que tous nos députés s’emparent de cette proposition.
Yves Jégo soulignait : « Le menu alternatif végétarien tel qu’il est souhaité par les signataires de la pétition en ligne a déjà été mis en place dans plusieurs communes. Il y rencontre un succès et est choisi par environ 20% des enfants concernés ». Je comprends parfaitement qu’à l’heure de la crise de l’élevage qui frappe une partie du monde agricole, ce sujet puisse être sensible … mais vouloir imposer à des enfants qui ne le souhaitent pas, de consommer de la viande, participe à un immense gâchis alimentaire ».                         

 

Il ne s’agit pas de prévoir des  »menus de substitution », cela reviendrait à définir une norme, il s’agit simplement de proposer à tous un menu carné ou un  menu végétarien.  Cette mesure simple à mettre en œuvre n’a pas forcément besoin d’une loi pour exister ; une décision des villes et communes qui prônent le vivre-ensemble suffirait.

Choisir entre le vivre-ensemble ou l’exclusion; voilà le choix qui est devant nous. Donner la possibilité à tous les enfants de manger ensemble et de partager les temps péri-scolaires, donner à chacun le droit de choisir sa nourriture n’entame en rien notre propre liberté. Nos libertés ne diminuent pas lorsque celles des autres sont respectées et deviennent égales aux nôtres. Nous aurions tous à gagner qu’ une telle mesure soit adoptée à Cholet.

Au niveau national comme au niveau local, refusons les insultes, les mots méprisants et les gestes qui excluent. Ils avilissent notre République et sa devise: Liberté, Égalité, Fraternité.

 

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https://www.change.org/p/pour-une-alternative-v%C3%A9g%C3%A9tarienne-obligatoire-dans-les-cantines-scolaires) .

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